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Nom de l'article : MALADIES THYROIDIENNES AUTO-IMMUNES ASSOCIEES A UNE INSUFFISANCE SURRENALIENNE OU UN DIABETE AUTO-IMMUN
Les affections thyroïdiennes auto-immunes (goitres, hypothyroïdies,
thyroïdites de Hashimoto, hyperthyroïdies de type maladie
de Basedow), peuvent précéder ou suivre l'atteinte
d'autres organes endocrines comme les glandes surrénales
(insuffisance surrénalienne ou maladie d'Addison) ou le
pancréas (diabète de type I, nécessitant le
traitement par insuline).
Cette association entre dans le cadre du syndrome de Schmidt, décrit
depuis de très nombreuses années. Dans le jargon
médical, il appartient aux polyendocrinopathies auto-immunes.
Il en existe plusieurs types. Ici il s'agit du type II.
Conditions de survenue.
L'atteinte de ces trois glandes endocrines participe du même constat :
les signes d'une anomalie de fonctionnement du système
immunitaire. Normalement, les globules blancs, lorsqu'ils
rencontrent un microbe, se dirigent vers lui et fabriquent des
substances, appelées anticorps, qui vont se fixer
spécifiquement sur le microbe, l'ensemble de ce processus
aboutissant à le fragiliser. Pour des raisons encore mal
comprises, parfois sur des terrains génétiques
particuliers, il arrive que l'organisme ne reconnaisse pas comme
siennes les cellules de certaines glandes endocrines. Il mobilise
donc, à tort, ce système de défense contre les
microbes, et se met à fabriquer des anticorps ayant une
affinité pour le système de fabrication d'hormones de
ses propres cellules.
De ce fait, la production des hormones des glandes endocrines touchées
devient progressivement et souvent très insidieusement,
insuffisante. De là l'hypothyroïdie, l'insuffisance
surrénale et le diabète.
Les signes de maladie.
Les signes de l'hypothyroïdie et de la maladie de Basedow ont été
déjà abordés, à plusieurs reprises, dans
les colonnes du Thyro-journal. Il suffit de se reporter aux numéros
précédents.
Les signes d'insuffisance surrénale associent une sorte de
bronzage qui persiste en dehors de l'exposition solaire et qui,
paradoxalement, sont visibles sur un site qui, habituellement, n'est
pas bronzé : les plis de la paume de la main. Les
médecins parlent de mélanodermie. Une fatigue de plus
en plus importante avec le temps touche toutes les activités,
qu'elles soient intellectuelles et physiques. Diarrhées,
constipation, perte de l'appétit, peuvent précéder
des douleurs abdominales avec diarrhées et vomissements qui
signifient une décompensation. Les personnes atteintes ont
souvent une envie de sel et boivent peu. Elles ont tendance à
maigrir, à avoir une tension basse, peuvent faire des
malaises. Ce tableau peut être plus aigu. Le dosage des
hormones surrénaliennes (cortisol) et de l'ACTH qui est
sécrétée par l'hypophyse (c'est l'équivalent
de la TSH pour la stimulation de la thyroïde) permet le
diagnostic d'insuffisance hormonale. Mais toutes les maladies
d'Addison ne sont pas d'origine auto-immune.
Le diabète de type I se caractérise par une fatigue
progressive avec l'envie fréquente d'aller uriner liée
au passage de quantités progressivement de plus en plus
importantes du sucre (glucose) qui circule dans le sang (glycémie)
au travers des reins vers les urines (glycosurie). Cette anomalie est
liée à l'insuffisance de sécrétion
d'insuline dont le rôle est de contribuer à réguler
la concentration de sucre dans le sang à un niveau normal.
Diagnostic.
Le diagnostic combine les dosages permettant d'apprécier
directement ou indirectement la quantité d'hormones
sécrétées par la glande susceptible d'être
malade. C'est l'analyse clinique effectuée par le médecin
qui remarque non seulement les signes détaillés plus
haut, mais encore une multitude d'autres éléments,
qui permet d'orienter, si besoin, la recherche de ce type
d'association de maladie des glandes endocrines, quand l'une des
glandes est déjà atteinte. Une orientation très
importante est donnée par l'existence de ces similaires dans
la famille.
Le diagnostic a progressé, essentiellement du point de vue
biologique, avec l'avènement de dosages à la fois
sensibles et spécifiques de chacun des types d'anticorps :
anticorps anti-TPO, anti-thyroglobuline et anti-récepteurs de
TSH pour la thyroïde. D'autres anticorps sont spécifiques
des atteintes des deux autres glandes endocrines, que sont la
surrénale et le pancréas.
Incidences et conséquences de ces associations de maladies.
Les affections thyroïdiennes auto-immunes sont beaucoup plus
fréquentes que le diabète de type I ou l'insuffisance
surrénale auto-immune. Pourtant, une fois sur deux la maladie
touche d'abord les glandes surrénales.
Les médecins pensent à ces associations classiques quoique
relativement rares (1,4 à 2 pour 100 000). Les données
statistiques passées mériteraient d'être
réactualisées. Par exemple, une estimation effectuée
en 1996, prévoit qu'environ un patient sur quatre souffrant
d'une maladie auto-immune risque de développer une deuxième
affection de ce type. Il s'agit d'une publication dans une revue
de pédiatrie. A cette époque, le dosage des anticorps
antithyroïdiens n'était pas aussi répandu
qu'actuellement. Il en résulte que l'incidence des
maladies thyroïdiennes auto-immunes était probablement
sous estimée. Toutefois, quand un patient souffre d'une
insuffisance surrénalienne (maladie d'Addison) auto-immune,
le risque d'une autre affection auto-immune est d'environ 50%.
Les médecins sont donc particulièrement attentifs dans le
cadre du suivi de ces maladies. En effet, l'apparition d'une
hyper ou d'une hypothyroïdie chez un diabétique est
susceptible de déséquilibrer son diabète, toute
comme elles pourraient déséquilibrer une insuffisance
surrénalienne.
Quelles conséquences y a t il en thérapeutique.
Dans un passé lointain, le diagnostic d'hypothyroïdie
pouvait être effectué très tardivement faute de
moyens diagnostiques. On apprenait alors aux médecins à
mettre en route extrêmement lentement le traitement par
hormones thyroïdiennes en surveillant la fonction surrénalienne,
afin de ne pas prendre le risque que se démasque une
insuffisance surrénale qui pouvait être simplement due
aux effets directs de l'hypothyroïdie profonde et pas
forcément à une éventuelle insuffisance
surrénale de type maladie d'Addison, car il s'agit d'une
éventualité assez rare.
Actuellement, le diagnostic est porté beaucoup plus tôt, en
hypothyroïdie fruste, sur une concentration de TSH élevée,
de petits signes cliniques, très souvent associés à
la présence d'anticorps anti-TPO ou anti-thyroglobuline. Il
n'y a donc plus ce risque.
Par contre, l'association d'authentiques hypothyroïdies par
thyroïdites auto-immunes et d'insuffisances surrénaliennes
auto-immunes implique que l'endocrinologue traite conjointement les
deux glandes. Le principe est strictement le même.
L'insuffisance d'hormones thyroïdiennes est compensée
par l'apport d'hormones thyroïdiennes sous forme de
médicaments (L-thyroxine) tout comme l'insuffisance
surrénalienne est compensée par l'apport d'hormones
surrénaliennes (hydrocortisone ou autres équivalents
hormonaux surrénaliens), ou lors de diabète de type I
associé, l'apport d'insuline.
Conclusion :
Heureusement, les progrès diagnostiques et thérapeutiques ont
considérablement améliorés la vie des malades.
Mais il demeure que les médecins sont toujours attentifs au
fait qu'une poussée évolutive de l'affection d'une
des glandes endocrines peut avoir un retentissement sur l'équilibre
de l'ensemble de l'organisme, et donc des autres glandes
endocrines. Dans ces conditions, c'est donc bien d'une bonne vue
d'ensemble que dépend le bien être de la personne
atteinte de ces associations finalement assez rares.
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 Un facteur à ne pas négliger : iode et tellure 132 (Dr J.Guillet)
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 Ma Thyroïde et Moi
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